« L’opinion de notre spécialiste en maladies infectieuses, membre honoraire de notre comité scientifique, Dr Bernard Verrier, directeur de recherches au CNRS, directeur du laboratoire de biologie tissulaire et d’ingénierie thérapeutique à Lyon, France. Expert en virologie-vectorologie ».

Covid-19 est le nom d’une maladie respiratoire associée à un nouveau coronavirus infectant l’être humain. Apparu en décembre 2019 sur un marché chinois, ce virus se répand actuellement sur l’ensemble de la planète, plus ou moins rapidement, suivant l’émergence des foyers de contamination. Plus un foyer est identifié rapidement et isolé, plus la diffusion du virus sera bloquée, ceci expliquant les mesures d’isolement des familles, groupes, écoles, villes, pays. Si son origine reste toujours discutée entre la chauve-souris et le pangolin, ce n’est pas un virus échappé d’un laboratoire, et les moyens pour le combattre sont très nombreux. En l’espace de deux mois, les scientifiques du monde entier, par une solidarité extraordinaire, ont réussi à mettre au point des tests de diagnostic (il a fallu plus d’un an pour le virus du Sida), mais aussi à décrire un tableau clinique qui permet d’identifier les personnes infectées. En effet, les symptômes se confondent de prime abord avec ceux de la grippe, ce qui peut être une grande source d’angoisse pour chacun de nous. Ceci explique la mise en place d’un n° spécial (0 800 130 000) qui permet d’éviter de saturer les services d’urgence. Par ailleurs, les cliniciens et scientifiques ont défini des protocoles de soins efficaces avec un taux de guérison remarquable. Ces protocoles couvrent tout le spectre de nos connaissances, depuis la médecine traditionnelle chinoise, jusqu’aux antiviraux les plus récents, utilisés contre d’autres virus respiratoires par exemple. De même, de nombreux vaccins sont en phase de développement, certains utilisant des techniques révolutionnaires qui vont permettre des essais dans les deux prochains mois.

Mais, il faut bien comprendre que ce n’est pas un vaccin qui pourra stopper rapidement cette pandémie. Le meilleur moyen reste la prévention individuelle et le bon sens. L’objectif de ce billet n’est pas de se substituer aux messages de prévention diffusés par le gouvernement, vos employeurs, les médias ou les réseaux sociaux. Il s’agit juste de prendre conscience que ce virus se propage essentiellement par la toux et les gouttelettes qui sont projetées, jusqu’à six mètres de distance et parfois à la vitesse du son. C’est cette vaporisation qui explique que l’air conditionné peut être contaminé, et qu’elles peuvent se déposer sur les poignées de porte, les interrupteurs, vos habits, etc.

Bref, éternuer dans son coude empêche la fabrication de ce nuage, et le masque porté par une personne contaminée bloquera la dissémination. Les surfaces étant potentiellement contaminées, il faut ensuite éviter de porter ses mains à son visage, sa bouche, le nez, etc, puisque les muqueuses sont la porte d’entrée du virus. Il y a donc deux gestes simples : se laver les mains et surtout bien contrôler ses gestes. N’oubliez pas que votre téléphone portable ou votre tablette est la plus grande source de contamination possible. Si se laver les mains avec un savon ou un gel hydro-alcoolique est fondamental, ne pas porter ses mains à son visage est tout aussi important. La combinaison de ces deux attitudes, lavage des mains et ne pas toucher machinalement son visage, permet de vous protéger très efficacement, et pas seulement du coronavirus, mais aussi de la grippe et de nombreuses infections bactériennes. On estime que si plus de 60 % des personnes avaient les mains propres, les risques infectieux seraient réduits d’autant.

Malheureusement, nous estimons que moins de 20% des personnes ont les mains propres. Alors, un peu d’hygiène et l’hystérie liée au corona disparaitra. Si vous êtes allergique au savon, à l’eau de javel et ne jurez que par les gels hydro-alcooliques, vous trouverez sur internet très facilement la fabrication d’un gel hydro-alcoolique, mise en ligne par l’OMS ; ce n’est pas plus difficile à faire qu’un cocktail (830 millilitres d’alcool (Ethanol 96 %), 40 mL d’eau oxygénée à 3%, 15mL de glycérine, et on complète le récipient d’un litre avec de l’eau en bouteille). A consommer sans modération.

Bernard Verrier

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